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La région du DARIEN

Cette description du Darien par l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, est certainement celle qui correspond en tous point à la plus grande province du Panama :

« J’ai voyagé dans bien des régions encore ignorées par ce qu’il est convenu d’appeler la "civilisation" et je puis vous assurer que j’ai rarement vu une végétation aussi exubérante, aussi splendide, aux arbres aussi variés et majestueux, et une faune d’oiseaux aussi chatoyante, riche et musicale que celle qui peuple le ciel et la terre du Darien. On a peine à croire que, à si peu de distance du fourmillement des gratte-ciel et des magasins, des restaurants, des multiplexes et des boutiques de luxe de la ville de Panama, on puisse encore revenir à un monde préhistorique, à une nature non domestiquée, où le temps semble s’être arrêté et où les seuls bruits perceptibles dans cette atmosphère essentielle sont la rumeur du vent dans les feuilles, le ruissellement des eaux des rivières entre les pierres, ou les criailleries des bandes de perroquets qui soudain sèment le tumulte dans le ciel. »

Plongé au cœur de la jungle, le Darien est une terre de trésors naturels et culturels encore méconnus dont l’attrait principal réside à la fois dans la rencontre possible avec les populations autochtones et dans la richesse de sa faune et de sa flore.

En effet, à lui seul, le Parc National du Darien a une étendue de 579.000 hectares.

Créé en 1980, il est venu prolonger naturellement le Parque Nacional Los Katios, situé de l’autre côté de la frontière, et fondé dès 1973 par le gouvernement colombien.

Avec ses marécages côtiers, ses mangroves, ses marais d’eau douce, sa dense forêt tropicale humide, il est considéré par les scientifiques comme le parc national le plus diversifié des tropiques.

2.440 espèces animales et végétales ont été répertoriées jusqu’à présent, et les recherches se poursuivent !

On y dénombre jusqu’à 10 types de végétations différentes et pas moins de 23 espèces animales endémiques, dont cinq sortes de félins (incluant le puma et le jaguar).

Parmi les 400 espèces d’oiseaux que l’on y trouve figure l’aigle harpie, l’un des plus puissants rapaces au monde. De nombreux tapirs et pécaris peuvent également y être observés.

De plus, à lui seul, le parc national du Darien abrite plus de 60% des mammifères qui existent dans l’isthme.

À ce titre, l’UNESCO l’a désigné comme patrimoine mondial en 1981, et réserve de la biosphère en 1983.

Depuis 1996, une loi panaméenne y interdit tout type d’exploitation minière.

C’est aussi dans ce parc que naît le gigantesque fleuve Tuira, alimenté par le Río Chucunaque, aux abords duquel vivent plusieurs communautés autochtones.

Dans le Darien, seuls les indigènes - Kuna et Embera-Wounan - constituent une entité ethnique distincte : leurs cabanes coniques, leurs tatouages, et les beaux tissus peints dont ils se vêtent mettent des notes de couleur dans un paysage où l’ocre des rivières contraste avec toutes les nuances de vert des arbres.

La ville de La Palma, capitale de la province, située en bordure du Parc, constitue une bonne base pour les incursions dans la jungle et la pratique de la pêche sportive. Chaque année, les passionnés du monde entier viennent tenter de remporter de nouveaux records du monde.

Comme c’est le cas en Amazonie, en Amérique du Sud, au Panamá, la terre du Darien a engendré une mythologie où se mêlent la jungle, l’aventure et les paysages exotiques.

Une légende dit que les conquistadors espagnols ont pu venir à bout des Andes, des déserts et de l’Amazonie, mais pas du Darien, qui les a vaincus à maintes reprises.